.: LES ANOREXIQUES :.

(( Les citations qui ont été mises dans cette partie sont les propos de Clara. C'est une Ex-anorexique que nous avons questionné sur un forum et qui a bien voulu répondre à nos questions pour nous aider à justifier nos propos. ))

L’anorexie est sans doute un des trouble du comportement alimentaire (plus couramment appelé TCA), le plus médiatisé depuis quelques années. Pourtant cette maladie existe déjà depuis plusieurs siècles et a fait son apparition dans le domaine médical dés 1534.

« À ceux qui pensent que l’anorexique n’est pas une maladie; je prendrai la phrase de Desproges : Moi je n’aurai jamais de cancer, je suis contre. » En effet, comme toutes les maladies mentales, l’anorexique peut être perçue par certains comme un caprice et non comme une réelle maladie.

Quand manger est source d’angoisse.
«  La nourriture arrive à nous bouffer, on ne pense plus qu’a çà. »
 

L’anorexie est bien souvent associée à une perte d’appétit comme l’étymologie de ce mot l’indique. Pourtant l’origine du problème ne réside pas dans l’absence de sensation de faim. Une personne souffrant d’anorexie a une perception fausse de son corps, elle se juge trop corpulente, 'mal faite' et souhaite maigrir au-delà du raisonnable. Au début, l’adolescente peut commencer par un régime pour corriger des rondeurs, réelles ou imaginaires. Puis petit à petit, le régime devient de plus en plus contraignant et elle se privera des aliments qu’elle jugera trop gras, sucré ou trop fort en apport calorique.
« On en arrive à un point où l’on sait précisément le nombre de calories pour 100 grammes de chaque aliments. Je me rappelle de lire instinctivement le tableau des calories présent sur les emballages. C’est fou chaque calorie compte, et les courses au supermarché devenaient un vrai casse tête. Je me rappelle que ma mère m’obligeait à acheter des gâteaux, enfin des sucreries pour le goûté et à chaque fois je les comparait tous pour savoir lequel serait le moins calorique. Si j’aimais pas tant pis, je les prenais quand même. »

[ Une privation qui petit à petit, aboutissait à l'absence de repas. ]

Les repas deviennent alors une véritable source d’angoisse pour les malades atteints d’anorexie. Chaque prétexte sera bon pour sauter un repas : une migraine inventée, une fatigue jouée ou alors le mensonge. Il y a véritablement une lutte active contre la sensation de faim dans le but d’être bien dans son corps, où pour avoir la sensation de maîtrise sa vie quand elle est victime d’un mal être.

Les symptômes.

Toutes ces privations entraînent un amaigrissement très important pouvant atteindre, dans les cas les plus critiques, la moitié du poids normal. La maigreur est, d’ailleurs, l’une des premières raisons qui amènent les parents à consulter un médecin, souvent contre le gré du malade qui prétend aller bien. Outre l’amaigrissement, l’anorexie s’accompagne chez les jeunes filles de l’arrêt des règles, ou aménorrhées, qui est un symptôme constant.
C’est ce que l’on appelle la ‘règle des trois A’ :
- Amaigrissement (mesuré par rapport au poids normal)
- Anorexie (problèmes liés à la nourriture)
- Aménorrhée pour les filles (absence d’au moins trois cycles mensuels consécutifs qui témoignent d‘une répercussion sur l‘organisme des carences liées aux privations alimentaires.)
Hormis ces problèmes du comportement alimentaire et de la perception du corps totalement déformée, les anorexiques souffrent aussi d’un isolement. Elles n’acceptent l’aide et les conseils de personne, reniant systématiquement leur malaise. Elles refouleront alors les personnes tentant de leur faire comprendre que leur comportement face à la nourriture est anormal, que cela soit les parents, les médecins, les psychologues ou psychiatres.
De plus, elles resteront souvent seules, repliées sur elles même. « On se sent mieux seul tout simplement parce que notre personne devient la seule chose qui nous intéresse. Notre corps, les calories, perdre du poids, soi.. soi.. et toujours soi. Être anorexique quelque part nous fait devenir tellement égocentriques. On ne pense plus qu'a çà. Le reste nous désintéresse. Aujourd'hui avec du recul, je m'en rends compte. » nous a avoué Clara pour justifier son isolement.


[ Repli sur soi même, solitude, refus de toute aide. ]

 

 

Se priver jusqu’à la mort.

Il faut rappeler que l’anorexie est une maladie grave, qui touche non seulement les femmes mais également les hommes (on compte aujourd'hui 5 à 10 % d'anorexiques homme) qui peut causer la mort dans 5 à 10% des cas. Les spécialistes estiment qu’au moins 3% des jeunes femmes entre 12 et 30 ans souffrent ou ont souffert d’un trouble grave de l’alimentation, tandis que 10% souffrent d’une détresse significative liée au poids et à l’image corporelle.

            

[ Déformation de l'image corporelle ]      [ Obsession qui ne cesse de rôder. ]

Les troubles alimentaires touchent souvent des jeunes filles vulnérables : les adolescentes. Sur 100 adolescentes, 2 sont aujourd’hui touchées par l’anorexie.
Autrefois, l’anorexie ne touchait que les sociétés occidentales. Aujourd’hui on assiste à une apparition de la maladie dans les pays émergents, surtout chez les personnes qui ont adopté notre mode de vie et codes de beauté. Malgré tout, les causes de l’anorexie restent encore mystérieuses. Il semble que le mal être face à son corps n’est pas l’unique raison du déclenchement de cette maladie. Des perturbations de la structure familiale peuvent être liées au déclenchement de la maladie. Cela peut être considéré par certains psychiatres comme des appels à l’aide, des appels à l’attention de la famille. Cela peut aussi être le résultat d’une sensation de perte de contrôle de sa vie, la sensation d’être perdue, un mal être.
L’anorexique voudra alors avoir la sensation de contrôler au moins son corps, de décider de maîtriser ses envies et de se donner la sensation d’avoir la volonté nécessaire pour ne pas céder aux sensation de faim, pour se donner l’impression de contrôler au moins son organisme. « Au départ, on ne se rend pas compte, on est dans une grande euphorie. On a l’impression de tout maîtriser, tout contrôler, et petit à petit on tombe dans la spirale de l’enfer, la spirale de la mort aussi. » à déclaré Isabelle Neige, anorexique depuis 16 ans, modèle de la publicité No-li-ta.

Anorexie : De nouvelles hypothèse sont avancées et tenteraient d'aller plus loin.


L'anorexique, quel type d'enfant? Suite à certaines études réalisés par des psychiatres, les anorexiques sont en général des enfants surprotégés qui ont des difficultés à affirmer leur indépendance par rapport à la mère. Ils sont généralement très exigeants envers eux-mêmes et obtiennent de brillants résultats scolaires.

Cause génétique, reproduction sociale ou cause liée au milieu social? D'après des études récentes faites sur les familles d'anorexiques, un taux élevé de cas de troubles alimentaires a été remarqué chez les membres d'une même famille sur la lignée directe. On constate également en ce qui concerne une famille élargie,  aussi bien du coté maternel que du coté paternel, une certaine tendance à l'anorexie.
Cependant, ces conclusions ne sont pas suffisantes pour en déduire que ces troubles ont une origine génétique. Effectivement, ce pourrait être expliqué par un certain milieu familial qui s'étalerait sur plusieurs générations.

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